Pensée structuraliste et pensée non-structuraliste


"La distinction entre pensée structuraliste et pensée non-structuraliste est extrêmement importante pour comprendre le travail de l’approche narrative. Je trouve bien difficile de comprendre pleinement cette différence tant la pensée structuraliste fait partie intégrante de notre culture et de notre langage. En d’autres termes, nous avons construit de nombreuses façons d’observer le monde et nous-mêmes et nous nous y sommes tellement habitués que nous avons oublié que ce n’était que des constructions. Dans le travail narratif, il est très courant de « déconstruire » ces façons de comprendre. Par ces déconstructions, la porte d’entrée vers de nouvelles compréhensions et de nouvelles options se fait jour. Le tableau suivant illustre quelques unes des différences entre la manière dont un thérapeute structuraliste et un thérapeute non-structuraliste peuvent considérer les gens". (Michael White)


Pour la pensée structuraliste

 
Les conclusions identitaires basées sur les catégories structuralistes sont : besoins, motivations, attributs, traits, forces, déficits, ressources, propriétés, caractéristiques, pulsions...

Le but du recueil d’information est la recherche de "structures profondes" ou "vérités essentielles" concernant les gens.

Il est possible qu’une telle quête de "structures profondes" ou de "vérités essentielles" soit objective.

Ce sont les "structures profondes" (c’est-à-dire le Soi intérieur) qui façonnent la vie de chacun.

Nos idées, problèmes, qualités sont reliés à un Soi interne.

Notre identité est fixe et essentielle. On la trouve dans le Soi intérieur.

Notre identité est toujours consistante.


Pour la pensée non-structuraliste
Faire des conclusions précieuses au sujet de leur vie et de leur identité. Des conclusions concernant leurs buts préférés, leurs envies, leurs désirs, leurs souhaits, leurs intentions, leurs croyances, leurs valeurs, leurs serments, leurs espoirs, leurs rêves, leurs visions leurs engagements...
Il est important d’attirer l’attention sur les effets réels dus au fait de considérer les "structures profondes" ou "vérités essentielles". Une des conséquences pour les professions de santé a été le développement de normes et d’idées concernant ce à quoi les vies des gens devaient ressembler pour être saines.

Ce que l’on cherche, ce que l’on croit et d’où l’on vient façonne ce à quoi l’on ressemble et que l’on trouvera.

Le langage et l’usage que l’on en fait jouent un rôle vital dans le façonnage de la vie.

Ce que les gens disent et font et la manière dont nous nous relions façonnent la vie.

Le sens que nous donnons aux événements de notre vie et la manière dont nous les organisons en histoires à propos de nous-mêmes et des autres façonne notre vie.

Nos idées, problèmes, qualités, sont des produits de la culture et de l’histoire. Ils se sont créés dans le temps et dans des contextes particuliers.

Notre identité est constamment créée par la relation avec les autres, avec les institutions et avec les relations de pouvoir plus larges.

Notre identité est fabriquée et continuellement fabriquée à partir de nombreuses histoires parfois contradictoires.


La pensée non-structuraliste nous invite nous ''praticiens à''

Aider les gens (quand c’est pertinent), pour qu’ils arrêtent de mesurer leur vie par rapport à ce que certaines normes sociales disent que la vie devrait être.

Questionner l’objectivité, l’expertise et les pratiques d’interprétation des thérapeutes.

Questionner les idées pré-conçues et les pré-suppositions qui peuvent être véhiculées par le langage que nous utilisons en thérapie.

Prendre en considération comment les histoires, les rituels et d’autres aspects actifs sont pertinents pour comprendre le processus de thérapie.

Externaliser les idées, les problèmes et les qualités dans les conversations thérapeutiques.

Prendre au sérieux la manière dont chaque conversation thérapeutique façonnera l’identité (jusqu’à un certain point) à la fois de la personne en consultation et du thérapeute.

Explorer la manière dont nous pouvons impliquer des témoins dans le travail en train de se faire dans la salle de thérapie.

Développer des pratiques pour vérifier les effets réels des conversations thérapeutiques sur ceux qui nous consultent.

Considérer combien nos histoires de vie façonnent nos vies et combien la thérapie peut permettre la description riche d’histoires identitaires préférées.

Par Leonie Thomas
www.narrativepractices.com.au

Dernière mise à jour de la page le 04/01/2011  | Haut de page | 870132 pages vues