Digression sur la carte de l’affect


"La carte de l'Affect" a été élaborée par Sarah Walther

par Isabelle Laplante & Nicolas De Beer

« Si vous posez la question de la dualité entre le corps et l’esprit, vous êtes en train de jouer un autre jeu ! L’idée est que, justement, l’esprit n’est pas autre chose que le corps en mouvement ». Francisco Varela

Suite à la formation que nous a proposée Sarah Walther en septembre 2011, nous avons voulu souligner un endroit d’intervention avec les personnes qui ont vécu une souffrance "marquante". L’une des particularités d’une blessure qui ne se referme pas, c’est sa réactualisation incessante de l’événement, ce qui le rend éternellement présent. Dans le présent éternel, la ligne du temps est absente, et par ce fait même, l’histoire aussi. Seule la plainte répétée semble importante.

Sarah Walther venait, pendant ces quatre journées, nous transmettre ses dernières réflexions sur les neuro-sciences reliées aux pratiques narratives, et par voie de conséquence, l’impact de celles-ci en lien avec 'l’affect'. Deux cartes ou déroulés de conversation furent présentés durant cette formation : la carte/conversation du contexte et du discours initiée par Sarah Walther, Anette Holmgren et Amanda Redstone et une nouvelle carte dont elle est à l’origine et qu’elle a présentée pour la première fois ici : 'la carte de l’affect'.

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L'absent mais implicite, une carte pour soutenir l'entretien

Par Maggie Carey, B.A.
Sarah Walther, M.A.
Shona Russell, M.Sc.




Cet article décrit les développements récents de l’utilisation de « l’absent mais implicite » dans les pratiques narratives. Michael White s’est servi de l’expression « absent mais implicite » pour faire comprendre que dans la manière d’exprimer toute expérience nous opérons une distinction entre l’expérience exprimée et d’autres expériences auxquelles nous avons déjà donné du sens. Ces expériences servent de toile de fond qui fait contraste et « façonne » l’expression mise au premier plan. Dans les conversations thérapeutiques, nous pouvons utiliser le concept d’« absent mais implicite » afin d’interroger les histoires de soi qui sont au-delà de l’histoire du problème. Pour apprécier cette pratique particulière, nous examinerons en premier lieu comment les pratiques narratives aident à l’exploration des récits de vie situés « à l’extérieur » de l’histoire du problème. Ensuite, nous décrirons de manière plus spécifique comment le concept et la pratique de l’« absent mais implicite » offrent d’autres possibilités de mettre en avant ces territoires de vie souvent négligés. Cette description inclura la présentation d’une carte de l’« absent mais implicite » en pratiques narratives, qui reflète la manière dont les auteurs partagent leur compréhension des découvertes et des enseignements les plus récents de Michael White.

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Le parler Franc, la Parrèsia

Si la lecture de cet article vous a amené à des réflexions, des découvertes ou vous a donné des pistes d'actions, ou bien si vous avez des idées à ajouter, un avis, nous serions heureux de pouvoir lire une appréciation, un commentaire. Il sera utile et agréable aux lecteurs et aux auteurs.

par Nicolas De Beer
L’un des objectifs dans la démarche des pratiques narratives, est d’accompagner le client afin qu’il retrouve son "initiative personnelle" (personal agency). Pour cela, le praticien aidera le client à prendre conscience du discours qui le domine, à quoi ce discours est rattaché, que ce soit au grand contexte (culturel, politique), ou au petit contexte (familial, communautaire).

Ce cheminement, qui partira du niveau de l’expérience jusqu’à ce qui est précieux pour la personne (valeurs, croyances, idées, concepts…) permettra de basculer vers un autre paysage, celui de la petite histoire, celle qui était jusqu’alors réfugiée dans un recoin. Tellement minoritaire, ayant si peu de soutien, qu’il lui était préférable de ne pas se montrer, au risque de se voir balayée.

Accompagner un client sur le chemin de l’initiative personnelle est une démarche qui comporte des risques pour lui. Elle requiert du courage. Michel Foucault, dans les derniers cours, revint sur la « Parrèsia » ou « parler vrai », « parler Franc ». Juste une digression pour me demander si parler Franc, viendrait du peuple des « Francs » ? Parler Franc, serait-ce l’esprit critique qui caractérise notre culture ? Au départ, le mot "Franc" veut dire libre. Nous resterait-il des traces de cette époque ? La philosophie critique française en serait-elle une fine réminiscence ?

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